FSBK Ledenon : Haut(s) le(s) coeur(s)

Jeudi 25 mai vers 10h du matin, c’est le coeur empli d’une volonté de fer que l’équipe du Team Thomas Superpole prend la route de Ledenon pour la 3e étape du FSBK 2017. Sentiment général qui laissa place vers 10h15 à un profonde frustration ! A peine le péage de Toulouse franchi, nous nous retrouvons coincés dans un embouteillage monstre sur l’autoroute qui s’étend jusqu’à Narbonne. La faute au beau temps et à un week-end prolongé propice aux départ en vacances. Ce n’est ainsi que vers 17h que nous prenons place à Ledenon dans un paddock déjà bien rempli, après un périple de 350km, dont environ 150 ont été parcourus à une moyenne de 25km/h. L’embrayage du camion de Pépito, chargé à raz bord et attelé de notre lourde remorque a énormément apprécié le traitement !

C’est donc en un temps record et sous une écrasante chaleur que l’équipe a installé l’hospitality et le box, puisque nous étions fin prêts peu après 19h. Un sacré tour de force !

 

 

Vendredi matin, nous sommes réveillés tôt par un lourd et mesquin soleil qui tape fort dès son levé sur les fins toits de nos logements de fonction. Et ça tombe bien puisque la séance d’European-Bikes avec Lucien Monneret est programmée à 9h05, ça fait déjà super tôt pour des Toulousains !

Ce coup-ci, Lulu a bien pensé à mettre son transpondeur. Mais il semble que son destin soit fâché avec le chronométrage : transpondeur hors-service, Lulu n’aura aucun chrono lors de cette première séance. Du bord de piste, il semble s’acclimater vite aux montagnes russes de Ledenon mais il se bat comme un diable contre de violents wheelings en sortie de virage. Le 3-cylindres de sa MV-Agusta est très plein, et le réglage d’origine de la poignée de gaz électronique « ride by wire » rend le dosage difficile. Rentrée au box en fin de séance, nous ajustons la géométrie du châssis afin de redonner de la stabilité à la moto dans les phases d’accélération. Bascule de l’assiette sur l’avant, augmentation de l’empattement et de la précharge à l’arrière. Reste à valider tout ça lors de la seconde séance de l’après-midi !

Fin de matinée, c’est parti pour la première séance Superbike avec un Gabriel Pons inquiet de son potentiel sur ce très technique et difficile tracé où il n’a pas roulé depuis plus de deux ans. Etant donné que c’est la première fois que nous roulons à Ledenon avec la nouvelle ZX10R, nous partons avec la base utilisée à Pau-Arnos les deux circuits étant un peu similaires. Cela fonctionne très bien d’entrée de jeu, puisque PonPon est en 1’26 dès son 3e passage et navigue en haut de la hiérarchie. Nous mettons pleinement la séance à profit pour accumuler un maximum de roulage afin de trouver le rythme les bons repères le plus vite possible.

Après un ou deux arrêts pour peaufiner les réglages et ajuster les pressions de pneu, le drapeau à damiers tombe. Nous nous classons 15e scratch et 4e Challenger en 1’25’8, une très bonne entrée en matière malgré nos inquiétudes !

L’après-midi, une brise rafraîchissante fort bienvenue  souffle sur le paddock alors qu’un soleil de plomb nous retranche systématiquement à l’ombre. Toute l’équipe sue à grosses gouttes !

Lulu repart à l’assaut équipé d’un transpondeur neuf. Les réglages opérés semblent porter leurs fruits, la moto est beaucoup plus stable mais la réponse du moteur à l’accélération reste incroyablement nerveuse ce qui empêche le pilote d’accélérer à fond dans les vallonnées lignes (presque) droites du circuit Gardois. Régulier en 1’30, il signe le 11e temps en 1’30’2 après s’être bien éclaté au guidon.

 

 

Plus tard dans l’après-midi, PonPon repart à l’assaut ! Nous gardons le même pneu avant, un occasion utilisé lors d’une course précédente et nous passons un SC0 neuf à l’arrière afin de valider cette référence par les très hautes températures de piste. Après un premier tour lancé en 1’25’8 PonPon rentre au box, il perd l’avant partout et sans raison. Le pneu avant à déclaré forfait. Manque de sérieux de notre part, cet avant SC3 était de provenance inconnue et nous ne connaissions pas son kilométrage. Vu qu’il ne semblait pas excessivement usé, nous avions choisi de ne pas le changer par économie… Erreur, surtout que nous n’en avons aucun autre de prêt.

Nous ressortons pour un run afin d’engranger quelques données pour poursuivre la mise au point de la moto, mais PonPon rentrera très vite. A la limite partout avec l’avant, il préfère en rester là pour éviter de chuter bêtement. Nous terminons la séance loin dans le classement, 18e scratch et 7e Challenger. Cette séance ratée va nous mettre beaucoup en retard pour la suite du week-end.

En fin d’après-midi, nous apportons les derniers ajustements aux motos en vue de la journée de qualifications le lendemain, et hop ! Apéro ! L’équipe a super bien travaillé toute la journée et peut profiter d’une soirée de détente très appréciable, d’autant que les filles de l’intendance nous régalent une nouvelles fois de leurs bons petits plats.

Samedi matin, le réveil sonne tôt pour la première qualif’ European-Bikes. Lulu est remonté comme une pendule, deux pneus neufs sont montés sur sa moto, et il espère bien exploiter l’agilité de sa petite MV face aux 1000cc sur ce tortueux et technique tracé qui fait la part belle au pilotage. Rapidement dans le rythme, Lulu poursuit sa belle progression et explose son record personnel du circuit de Ledenon en 1’29’4 ! Un peu déçu à sa rentrée au box d’avoir manqué de peu le top-10, le bon Pépichuck signe le 11e temps.

En fin de matinée, première qualification Superbike ! La ZX10R #17 est fin prête chaussée de deux pneus neufs, SC3 devant et SC0 derrière. Dès ses premiers tours de roues, PonPon améliore ses chronos de la veille et rentre au box après 8 tours lancés. Nous sommes en deuxième partie de classement, avec un chrono en 1’25’3 et peu de chances d’améliorer vu que la fenêtre de grip optimal du pneu arrière est passée. Avec cette hausse de rythme, la moto est devenue très difficile à emmener. Trop molle en ressort dans les compressions, le pilote peine énormément à faire virer la moto, et la stabilité à l’accélération est exécrable. Pompage, louvoiement et guidonnages, PonPon ne peut exploiter la puissance du moteur à l’accélération malgré tous ses efforts. Du boulot en perpective pour le bon Pépigros HBR ! Nous ressortons pour deux autres runs en seconde partie de séance lors desquels nous testons d’autres solutions de réglages qui semblent aller dans le bon sens, puisque la Kawasaki #17 roule en 1’25 régulier jusque dans son 18e et dernier tour. Nous terminons la séance à une très décevante 19e position scratch et 6e Challenger, il va falloir redoubler d’efforts pour rebondir !

 

 

Après-midi, la pression monte d’un cran avec la première course European-Bikes ! Lulu est selon se dires « chaud patate », et il est prêt à « tous les déboulonner »… A entendre ça, on s’est tous précipités en bord de piste pour admirer le sepctacle ! Départ complètement raté depuis la 4e ligne de la grille de départ, Pépichuck pointe à l’antépénultième (c’est pas faux !) position après le premier virage. Le festival « block-pass coudes écartés » commence.  Après s’être défait d’une bonne partie du plateau dans les premiers tours au prix d’un pilotage très agressif, la MV #47 boucle son 6e tour en 11e position et poursuit sa remontée à un train d’enfer. Au passage, Lulu améliore son chrono de qualifications et signe un magnifique 1’29’3. A mi-course, le pilote Agennais se bat bec et ongles dans un groupe de trois pour la 8e position composé de Dechappe et Roques. Lulu conserve un rythme rapide et régulier qui lui permet de s’extirper de ce paquet de furieux à 4 tours du but et il franchit la ligne d’arrivée en 8e position ! Objectif top-10 atteint, il signe là son meilleur résultat dans la catégorie.

A son retour au box, Lulu est cuit ! Suffocant et fébrile, il a rudement souffert de la chaleur sur ce tracé très exigeant physiquement, au point d’être à peine capable de se tenir debout. Une bonne dizaine de minutes après, il a retrouvé son état normal… Ouf ! On en connait un qui sera couché tôt ce soir !

En fin d’après-midi, deuxième séance qualif’ Superbike. Il faut impérativement redresser la barre d’un week-end mal engagé afin de limiter le plus possible la casse au niveau du championnat. Nous repartons avec les mêmes pneus que la veille, et nous allons passer un pneu de qualifications en fin de séance. Un petit doute subsiste quant à celui-ci, il a déjà subi une chauffe sous couverture chauffantes sans être passé et à été remis en vente au camion… Généralement les pneus de qualifications, hyper pointus à utiliser n’apprécient guère ce genre de traitement. Côté moto, nous avons significativement durci les suspensions, et augmenté la longueur de l’amortisseur afin de basculer la moto sur l’avant. Nous avons également travaillé sur l’électronique avec une réponse des gaz et un anti-wheeling ajustés.

En piste, cela semble aller mieux. PonPon est en 125’5 avec les pneus du matin, mais se plaint toujours du comportement dans les compressions et à l’accélération. Nous avons bien durci mais pas assez, la moto se met en butée de suspension dans les nombreuses cuvettes du circuit de Ledenon et le bras oscillant se fige à l’accélération, ce qui entraîne de violents louvoiements et guidonnages. La fin de la séance nous amène à tenter notre chance avec le pneu de qualifications. Comme nous le craignons, celui-ci ne se comportera pas correctement et nous n’améliorons pas autant que nous l’espérions. Le résultat est quand même positif, nous continuons à progresser et pointons au baisser du damiers en 15e position scratch et 4e Challenger en 1’24’8.

Le soir, nous passons un long moment à analyser les acquisitions de données avec Pépigros et Pépiprof afin de déterminer les prochaines solutions à essayer pour améliorer encore le comportement de la moto. Vu notre position au classement, il nous faut jouer le tout pour le tout : nous essaierons des nouveaux réglages en course, avec le risque que ceux-ci ne fonctionnent pas !

Nos supporters du DMCPT arrivent de Toulouse un peu plus tard pour nous encourager lors des courses du dimanche. Ils ont perdu l’un des leurs en route, Pierre Aury dit « Kayou ». Le bien surnommé s’est fait piéger par une plaque de gravillons, cheville et genou abîmés. Kayou est l’homme derrière l’image de TTS, c’est lui qui a créé notre logo, nos affiches, nos flyers, nos dossiers sponsoring et cetera. Nous lui souhaitons tous un prompt rétablissement !

Dimanche matin, Lucien est de retour au guidon pour la seconde séance qualificative European-Bikes avec la ferme intentions d’intégrer le top-10. Malgré tous ses efforts, il n’arrive pas à reproduire ses performances de la veille et termine la séance en 12e position avec un chrono en 1’29’9.

Un peu plus tard dans la matinée, nous sommes en grille pour la première manche Superbike. Nous sommes tous assez tendus, nous devons absolument marquer des gros points pour consolider notre position au championnat et nous croisons les doigts pour que les modifications apportées à la moto apportent satisfaction. Bon départ depuis la 19e place, et PonPon boucle le premier tour à la 17e place, bien placé en embuscade dans le top-5 de la catégorie Challenger. La bagarre fait rage pendant les 5 premiers tours, et la Kawasaki #17 semble vouloir tenir bon malgré d’impressionnantes ruades à l’accélération. A mi-course, nous pointons 15emes, en bagarre avec Yani Todisco et Jonathan Hugot pour le gain de la 13e place, et surtout pour la 3e place de la catégorie Challenger. Nous conservons un rythme rapide et régulier alors que les pneus et les physiques s’usent inexorablement, ce qui nous permet d’obtenir gain de cause et de remporter cette bagarre ! Nous franchissons la ligne d’arrivée 13e scratch et 3e Challenger. Mission accomplie !

 

Quatrième podium de la saison !

Quatrième podium de la saison !

 

Au vu de toutes les difficultés rencontrées au cours du week-end, ce podium à la goût d’une victoire pour l’équipe ! Nous terminons juste derrière Morgan Berchet et ne concédons donc que 4 points au pilote SRC, ce qui nous permet de conserver le leadership ! De retour au box, nous débriefons longuement. La moto est loin d’être parfaite et nous décidons de poursuivre le travail pour la seconde manche avec l’essai de nouveaux ajustements sur les réglages… 

Le début de l’après-midi sera calme, la seconde manche d’European-Bikes est programmée à 16h, suivie du Superbike juste après. Nous en profitons pour décompresser un peu d’une matinée haletante.

Plus tard, Lulu est sur le pied de guerre ! Bien déterminé à reproduire sa belle course de la veille, son objectif est de ne plus quitter le top-10 de la catégorie. Une fois encore, son départ sera catastrophique. Cette seconde manche s’avérera un bis-repetita de la première, englué en fond de classement durant les premiers tours de roues Lulu met à profit son agressivité débordante pour remonter ses adversaires, signant au passage son record personnel du tour en 1’28’9. Le rythme de course est très élevé et passé deux tiers de course, Lulu est à la bagarre dans un trio pour la 10e place composé de Dechappe et Roques. Sur la piste, le vent est tombé et la chaleur est véritablement suffocante. A bout de souffle et déconcentré en fin de course, Pépichuck sera forcé de baisser de rythme pour éviter la chute. Il franchit le drapeau à damiers en 11e position, véritablement éreinté. A sa rentrée au box, Lulu est cuit ! Il est vraiment allé au bout de ses forces, repoussant ses limites physiques à chaque tour bouclé. Qui à dit que la moto n’était pas en sport ? Surtout pour un pilote dont le passif émérite en tout-terrain à conféré une très bonne condition physique.

 

 

En tous les cas, nous sommes fiers de notre Lulu ! Il s’est battu jusqu’au bout, et à régulièrement et méthodiquement progressé. Bravo !

Fin de l’après-midi, bouquet final du FSBK de Ledenon avec la seconde manche Superbike ! Nous sommes prêts à relever le défi malgré nos incertitudes quant aux nouveaux réglages de la moto. Bon départ depuis la 15e place, et PonPon boucle le premier tour en maintenant sa position. Nous sommes mieux placés que la veille, directement dans la roue de Hugot et Todisco. Le début de cours est très animé, la bataille fait rage dans le peloton !

 

 

Après quelques tours, nous nous rendons à l’évidence : malgré un bon début de course nous sommes moins rapides qu’en première manche, à hauteur de 2 à 3 dixièmes au tour. Une différence de taille, il va être très difficile de remonter ! La moto à gagné en stabilité générale, mais le train avant est fuyant. La piste surchauffée du circuit de Ledenon met grandement à mal notre SC3 avant qui souffre beaucoup de la forte chaleur. PonPon est stabilisé en 14e position, juste derrière Jonathan Hugot mais il n’arrive pas à trouver l’ouverture ce qui ne fait que nous ralentir encore. Il trouvera l’ouverture passé le cap de la mi-course, puis se contentera de rallier l’arrivée sans erreur. Sage décision après avoir manqué de chuter à plusieurs reprises suite à de grosses dérobades de l’avant !

Nous franchissons donc la ligne d’arrivée en 13e place scratch et 4e Challenger, juste au pied du podium ! Dans le parc fermé nous sommes un peu déçu, mais Pépito notre Team Manager nous remonte vite le moral. Le bilan du week-end est plutôt positif vu la délicate situation dans laquelle nous nous trouvions. Malgré l’adversité nous ramenons un nouveau podium et des gros points pour le championnat. Malgré tout, nous allons devoir redoubler d’efforts pour progresser et aller encore plus vite. Nous devons trouver le rythme nous permettant de nous battre à nouveau pour la victoire.

Alors on va tout donner, rendez-vous à Pau pour la prochaine étape du FSBK les 16, 17 et 18 juin prochains !

En attendant, merci à toutes les personnes derrière notre belle aventure et vivement la suite !

 

  

 

 

 

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