FSBK Ledenon : la 17 rend les armes, pas nous !

Après les déconvenues frustrantes et successives du Vigeant et des 12h de Magny-Cours, toute l’équipe avait à coeur de montrer de quel bois on se chauffe sur les montagnes russes du tracé de Ledenon. Un circuit gros coeur et très technique apprécié par un PonPon a qui il tarde de ce quoi nous sommes capables !

Suite aux problèmes du Vigeant, le moteur de la 17 a été emporté au Lycée Jacques Brel à St Pons, où il a été démonté, vérifié et réparé par Fred Bricault « Pépiprof ». Celui-ci nous a donc remonté la moto, et nous l’a amenée directement sur place Jeudi soir. Jeudi soir justement, en apportant les derniers ajustements à la 17, première alerte. Au remplacement d’une bougie, celle-ci casse net au raz du culot dans la culasse ! Les mécanos Pépiprof et Pépipro, aidés par Jack, ont donc été obligés de tout re démonter pour basculer le moteur du cadre, déculasser et extraire la bougie… Pour tout remonter ensuite ! Bilan, ils ont fini à 4h du matin ! Un bonne façon de commencer le week-end…

Vendredi matin, la piste est mouillée pour les premières séances libres. La faute à de violents orages pendant la nuit. Pour la séance de Superbike en fin de matinée, le soleil sorti et les vents ont commencé à bien sécher la piste. Nous partons donc avec les pneus intermédiaires sur du séchant, afin de commencer à se ré-habituer au tracé et de commencer à travailler sur les réglages de la moto. A mi-séance, alors que la piste avait entièrement séché, la pluie refait son apparition. PonPon rentre au stand, il est aux prises avec un violent dribble dans le virage du camion et Thomas HBR « Pépigros » tente de résoudre le problème en travaillant sur la fourche. Après un moment d’hésitations, nous décidons de faire reprendre la piste au pilote. La piste est bien humide et nous avons laissé les pneus intermédiaires qui ont bien refroidi. Pépigros observe son poulain du bord de piste, qui est le seul à rouler. Tous nos adversaires attendant alors la passage de l’ondée. PonPon arrive en haut du « camion », disparaît dans la descente hors du champ de vision de Pépigros. Une fraction de seconde plus tard, ce dernier entend un sourd bruit de chute. PonPon s’est fait piéger… Il ne réapparaîtra que quelques minutes plus tard, a bord du camion de dépannage. La moto est entièrement intacte, seuls les carénages sont un peu rayés. Le pilote s’est bien entendu fait piéger par la combinaison pneus froids plus pluie. « Tant pis, il sera privé de Nutella », la sentence prononcée par Jack est irrévocable ! Première chute de l’année sur erreur de pilotage, fallait bien que ça finisse par arriver. Résultats de cette séance avortée et peu utile, un 1’28’8 et la 23e place scratch, à oublier !

L'inévitable wheeling, en haut de la montée de Ledenon

L’inévitable wheeling, en haut de la montée de Ledenon

L’après-midi, le pluie s’invite et le circuit est complètement détrempé ! Nous commençons à travailler sérieusement sur la moto, la pluie étant encore annoncée pour les jours suivants, il s’agit de bien régler la 17 pour la pluie également. Le problème de dribble du matin est encore là, mais il est rapidement résolu par « Super Pépigros ». PonPon ne cesse de se plaindre du comportement moteur de la 17 : complètement creuse a mi-régime elle devient si explosive à hauts-régimes qu’elle est incontrôlable, surtout sur un tel circuit et surtout sous la pluie ! En burinant un peu, nous prenons la 11e place de cette séance (6e stock) avec un chrono de 1’45’7. A mi-séance, la pluie redouble et rend le circuit complètement impraticable, nous décidons d’en rester là afin de ne pas prendre de risques supplémentaires. Maigre bilan pour cette première journée, très peu de tours bouclés, aucun sur du sec… Nous n’avons que très peu d’infos pour la suite du week-end, aucune base de réglage solide, la tâche sera ardue, mais chez TTS on aime les défis !

Bob, le père de PonPon et David un de nos bénévoles 2014 nous rejoignent ce vendredi soir pour passer le week-end avec nous.

Samedi matin, il a encore fait orage la nuit mais la piste est sèche pour l’entrée en scène des Superbikes en fin de matinée. Étiquettes de pneus oblige, nous partons directement avec deux pneus neufs et nous avons bossé sur la cartographie d’allumage pour calmer les nerfs de cette bouillante 17 et ainsi la rendre plus exploitable. Le retard accumulé la veille se fait sentir, PonPon peine à se mettre dans le rythme, et il arrache un 1’26’0 à la fin de son run avec le pneu neuf. Il souffre encore du comportement moteur sauvage, il n’arrive pas à s’extraire des virages en début d’accélération et une fois dans les hautes-sphères du compte-tours la moto est trop violente pour être stable… Nous sommes déçus sachant que nous avions déjà roulé en 1’25 en 2014, et que nous sommes seulement crédités du 19e chrono ! La course 1 s’annonce alors d’ores et déjà compliquée. Retour au box, nous essayons de débriefer du mieux possible pour avancer rapidement en vue des courses, nous retouchons à la cartographie et on modifie la démultiplication pour palier à ces satanés problèmes moteur.

Samedi après-midi, PonPon sort en début de séance et rentre immédiatement aux stands en roue libre. Le moteur est en train de serrer et les bielles sont coulées. Dans un dernier souffle, la 17 vient de rendre les armes : là, c’est la grosse casse. Après 4 saisons et plus de 23 000km de bons et loyaux services c’est arrivé, même malgré les réfections de nos super mécaniciens. On ramène la moto au paddock, nous n’avons même pas pu boucler le moindre tour, nous ne sommes même pas officiellement qualifiés pour la course 2 et théoriquement nous ne pouvons même pas en prendre le départ.

De retour à la base, l’équipe se remobilise immédiatement : Pépipro, Pépichef et Jack Pépirâle attaquent le démontage de la 17 et le moteur est sorti du cadre avant même la fin de la séance qualif de Superbike. Le plan est de prendre le moteur de la 171 d’endurance, d’y greffer boîte de vitesse et embrayage de la 17 et remonter tout ça dans le châssis Superbike. Un peu plus tard, dans la nuit, des litres de sueur après, c’est chose faite, la belle 17 et son pilote seront au départ des courses de Dimanche !

Pour la première course, nous ne savons pas du tout dans quelle direction partir : nous n’avons aucune base pour les réglages de châssis, ni pour le moteur ! Le moindre détail devient problématique, a titre d’exemple : nous n’avons même pas pu valider une démultiplication ! Et surtout, le pilote manque cruellement de roulage sur ce tracé si compliqué. Après concertation collective et avec nos données 2014, nous établissons une base de réglage qui ne doit pas être trop éloignée de la vérité. Malheureusement, comme nous avons pu le voir à plusieurs reprises, la catégorie Superbike ne permet pas vraiment l’approximation… Alors on croise les doigts, ce sera déjà un exploit d’être sur la grille !

Course 1 : a l’issue du tour de formation, tout semble fonctionner. PonPon a pour consigne d’attaquer à outrance, il s’agit de remonter le plus possible depuis cette piètre 19e place ! Auteur d’un départ correct, la 17 pointe à la 19e place après le premier tour, PonPon redoute l’accrochage sur ce tracé étroit et vallonné. Au deuxième tour, il passe à l’attaque et passe coup sur coup Cudeville et Monticelli, la voilà 17e. Dans le cinquième tour, Violland et Diguet ne résistent pas ! PonPon est régulier en gros 1’25. La remontée est amorcée ! En fin de course, il est en bagarre pour la 10e place, aux prises avec Longearet et le sympathique ducatiste Pagani. Il en profite pour signer son meilleur temps au 13e tour en 1’25’4, et réussit à se défaire de ses deux coriaces adversaires au passage de la ligne d’arrivée ! 10e place, 6e stock, nous sommes super contents et le pilote aussi : belle course, belle bagarre, bonnes sensations et incroyable résultat vu les conditions. Virginie « Pépithunes » à vendu t-shirts et casquettes aux commissaires locaux, et ces derniers font des bonds après avoir suivi notre belle prestation !

Retour, au paddock nous nous re-concentrons et nous faisons un solide débriefing pour régler les problèmes rencontrés lors de cette première course. Nous basculons l’assiette de la moto sur l’avant et Pépigros précharge de façon significative le ressort de l’amortisseur arrière. En fin de matinée, Jack et PonPon sont convoqués à la direction de course : au vu des performances en course 1, le directeur de course nous autorise à prendre le départ de la course 2 depuis la dernière position ! Nous voilà officiellement repêchés ! Maintenant ça va chier, l’équipe à le couteau entre les dents !

En début d’après midi, un orage d’une incroyable violence s’abat sur le tracé gardois, transformant la piste en parc d’attractions aquatiques ! Les courses seront retardées et écourtées à 12 tours au lieu de 20… Ce qui n’arrange franchement pas notre affaire vu notre position sur la grille (29e et dernière position)

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Course 2, consigne : attaque maximale, objectif remontée d’anthologie ! Départ canon depuis la 29e et dernière, PonPon joue des coudes dans les premiers virages et il passe la ligne à l’issue du premier tour en 17e position !!!! Soit 12 concurrents dépassés en un tour ! Le brave « Pépito », un brin pâle et anxieux philosophe : « Si il se met pas par terre, ça va le faire ! »

Dès le tour suivant, Ayer lève le drapeau blanc aux attaques du N°17, nous voilà 16e ! Pour la 15e place, la bagarre sera plus rude : PonPon bloque sur un Martinez sur-volté et très incisif au freinage : il nous faudra deux tours pour accéder à cette tant convoitée 15e position. En un demi-tour, notre missile vert a recollé a un Violland en grande forme : après une première attaque infructueuse, PonPon trouve la faille et prends la 14e place au 8e tour. Il a perdu pas mal de temps dans la bagarre, mais une fois défait de ces deux rivaux la 17 prends enfin le rythme qui est le sien en gros 1’24 régulier, et remonte comme une balle sur le reste du groupe de chasse qui a pris pas mal d’avance. A un tour de la fin, PonPon est collé à la roue arrière de Pagani et il parvient à le passer dans la descente du camion. Un demi tour plus tard, il a déjà recollé à Longearet et Jonchière, mais c’est déjà trop tard : ce sprint d’une intensité rare est fini ! Nous échouons à 1 dixième de la 11e position, en 13e place et 7e stock.

Les remontées fantastiques, la signature chez TTS !

Les remontées fantastiques, la signature chez TTS !

Mais qu’importe, nous sommes en joie ! Une joie indescriptible vu notre week-end de galères. Reste un petit goût d’inachevé vu que notre rythme et nos performances auraient une fois encore largement pu être couronnées par un podium stock. Qu’importe, nous avons montré de quoi nous étions capable malgré les aléas. Une chose est sûre, les commissaires de Ledenon s’en souviendront longtemps : ils sont venus faire dédicacer leurs t-shirts TTS par le PonPon après la course !

 

One thought on “FSBK Ledenon : la 17 rend les armes, pas nous !

  1. Super, un régal pour le pilotage mais dur dur pour les pièces mécaniques et le temps passé pour Jack et les mécanos qui méritent les felicitations.

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