FSBK Magny-Cours : l’humour noir du destin

Après toutes les galères successives du Vigeant, des 12h de Magny-Cours et de Ledenon, c’est avec une certaine appréhension que nous avons envisagé ce week-end de Superbike. D’autant que par un hasard malsain, une bonne partie de l’équipe ne peut pas se rendre sur cette épreuve. Notre stock de pièces de rechange ayant considérablement diminué, nous allons devoir impérativement réaliser un week-end parfait mécaniquement parlant, la moindre casse pouvant nous renvoyer directement à la maison faute de moyens pour réparer. La 17 est restée dans sa configuration de Ledenon, c’est à dire avec notre moteur d’Endurance dans le ventre. Ce qu’il reste de la 171 est toujours là, fidèle au poste pour palier aux défaillances mais elle a de fait été sérieusement amputée : il ne reste que la partie cycle.

Côté moyens humains, nous avons fort heureusement pu compter sur les Angevins du Team RPM qui ont assuré magnifiquement leur boulot tout le week-end. Alors dès cette introduction, nous adressons nous immenses remerciements aux deux Fred « Pépisoude » et « Pépiprof » ainsi qu’à leur équipe de choc Pascal, Loïc, Cathy et Bernard pour leur super boulot tout au long du week-end ! Lisa, qui travaille habituellement au PLV est aussi de la partie pour nous filer un coup de main à l’intendance. Un grand merci à elle également !

Après avoir éprouvé quelques difficultés a finir de préparer correctement la 17 dans les ateliers du Lycée Jacques Brel de St Pons, ce n’est que tard dans la nuit que nous arrivons sur place… Fort heureusement, Virginie « Pépithunes » s’étant liée d’amitié avec les vigiles du circuit lors de 12h de Magny-Cours, nous avons pu accéder aux paddocks et monter notre structure sans encombres !

Le lendemain, les choses sérieuses commencent avec les premiers essais. Nous sommes confiants, le roulage accumulé lors des 12h de Magny-Cours nous sera d’une aide précieuse ! Pour la séance du matin, nous partons avec des vieux pneus pour se remettre en jambes. La séance se déroule bien, nous sommes déjà dans nos meilleurs chronos de 2014 avec des pneus très usés. A notre surprise, malgré un assez bon 1’44’6 nous ne sommes que 22e ! De nombreux gros calibres sont inscrits sur l’épreuve en wild-card, il va donc falloir batailler avec de gros noms issus de divers championnats nationaux et internationaux tels que Christopher Bergman, Olivier Four, Julien Millet, Axel Maurin, Dylan Buisson, Camille Hedelin et encore d’autres… La bataille s’annonce rude !

De retour au box, surprise : un spy de fourche fuit comme un panier percé ! L’un des tubes chromés est très abîmé suit à un impact avec un gravier et il endommage le spy au fonctionnement de la fourche. Thomas HBR « Pépigros » n’a alors d’autre choix que de pirater la fourche de la 171 et de « faire » une fourche avec deux… Pauvre 171…

Pour ne pas perdre de temps, nous décidons de passer un arrière neuf pour l’après-midi. Après avoir pris les conseils chez Pirelli, nous choisissons de passer un 611 qui sera sans aucun doute le pneu que nous utiliserons en course vu les températures caniculaires annoncées ! Nous mettons à profit le pneu neuf pour faire une simulation de course, afin de commencer d’ores et déjà à préparer les manches du Dimanche. PonPon se sent bien sur la moto, les réglages apportés par Pépigros semblent fonctionner et nous réalisons de nombreux tours, réguliers en 1’43 avec un meilleur en 1’43’1… Record personnel des 12h de Magny-Cours battu de trois dixièmes ! Notre bon travail est cette fois ci bien récompensé par le 12e chrono (5e stock), devant nombre de Top-Guns.

Retour au box, nous débriefons longuement et sérieusement. Nous sommes en bonne posture, notre base de réglages est solide, nous n’usons pas prématurément les pneus et notre rythme régulier est déjà élevé. Nous n’avons jamais été aussi bien avancés dans notre travail un vendredi, les efforts consentis aux 12h payent sérieusement ! Alors on fête ça, petit apéro entre nous et au lit tôt, demain c’est la qualif’ !

Notre jeune recrue Pierre Maldes alias « Pépicrash », en profite pour nous rejoindre en cours de soirée et nous apportera sa précieuse aide pour le reste du week-end. Il sera là pour seconder Bernard dans la gestion des pneus.

Le lendemain, il fait jour et déjà sacrément chaud ! Pour la 17, deux balles neuve : un T20 devant et un 611 derrière. Et c’est parti pour la première séance qualif ! PonPon roule d’entrée en petit 43 mais n’arrive pas à descendre plus, il rentre 6 tours plus tard se plaignant du grip derrière et après vérification, la pression du pneu est descendue à 1.4 alors que nous étions partis à 1.55 sous couverture chauffante ! La pression idéale étant de 1.7, cela fait très peu. Bernard réajuste et c’est reparti mais on peut se dire que nous avons grillé notre joker « balle neuve ». Néanmoins, ça améliore ! Premier tour en 1’42’9, puis 1’42’8, 1’42’6, 1’42’7 et enfin au bout du 10e tour effectué, 1’42’554 ! Nous avons alors pris la 6e position du classement et nous décidons d’en rester là pour économiser le pneu avant qui doit faire tout le week-end. Nous sommes très satisfaits de la performance chronométrique au vu des conditions, malgré nos suspicions le pneu arrière ne fuit pas mais nous sommes frustrés de son comportement : les 611 sont très délicats à utiliser. A mi-séance, une grande partie de nos concurrents passent du pneu qualif’ et nous dégringolons au classement, pour finalement être crédités du 16e temps (7e stock). Les chronos sont vraiment très très serrés, nous sommes seulement à 4 dixièmes de la 9e position (2e stock) sur la grille !

Au débriefing, nous nous rendons à l’évidence : pour progresser plus, nous devons prendre le risque de passer du pneu qualif’. Pas grave, même si nous ne sommes pas idéalement qualifiés, notre rythme régulier est très bon et la moto bien réglée. Reste à faire le boulot en course !

Pour la deuxième qualif, le scénario sera quasiment identique : nous passons un 611 neuf et nous n’améliorons pas ! Au retour d’un premier run de 6 tours, le pneu arrière est monté à 2.1 bars ! La difficulté d’exploitation de ces pneus hautes performances est décidément un point handicapant sur lequel nous devons impérativement progresser, vu que comme le matin nous sommes partis à 1.55 sous couverture chauffante. Une fois la pression réajustée, la 17 réussit à re-claquer un très bon 1’42’5 et prend la 15e position (7e stock) face à des adversaires qui ont de nouveau passé du pneu qualif’.

Au débriefing Pépigros peste : « je déteste ces $!@?/# de 611 ! ». Encore une fois, les performances en pneu course sont très bonnes et encore une fois la pression du pneu inadéquate nous fait manquer le moment de performance maximale du pneu, soit les 7 premiers tours. Le bilan est vite posé, en plus des relevés de pressions et températures de pneu effectués par nos capteurs de valve Tyrewatch, nous devons impérativement et sérieusement effectuer des relevés de températures de piste afin de pouvoir adapter systématiquement les pressions avant roulage.

Le bilan reste très satisfaisant : nous sommes rapides et très réguliers. Le set-up de la moto pour les durées de course est très bon grâce au super boulot de Pépiprof et Pépigros. Vivement demain !

Course 1 : c’est reparti avec un 611 neuf derrière et nous sommes confiants, notre vitesse en pneus usés sera un atout majeur pour la fin de course. PonPon prends un bon départ mais ne réalise pas un premier tour aussi rapide que ce a quoi nous sommes habitués. Au deuxième passage, la 17 n’a pas progressé et semble énormément bouger. Le temps pour l’équipe de se demander ce qu’il se passe et PonPon part à la faute à la moitié du troisième tour. Nous sommes très déçus, heureusement pilote et machine n’ont absolument rien. Cause de la chute : un défaut de fabrication sur le pneu arrière qui a entraîné énormément de mouvement sur la moto et finalement jeté la 17 par terre. PonPon était pendu en un médiocre gros 1’44 alors que la veille nous étions réguliers en 1’42 avec le même pneu.

PonPon par terre en course 1. Défaut sur le pneu arrière, la guigne jusqu'au bout.

PonPon par terre en course 1. Défaut sur le pneu arrière, la guigne jusqu’au bout.

Nous nous remobilisons : objectif revanche pour l’après midi ! Pépiprof bichonne la moto, tandis que la température monte encore d’un cran. Nous sommes alors perplexes, la chaleur atteint un niveau record, la piste est sur-chauffée jusqu’à 65°C ! Problème : le 611 est prévu pour être utilisé entre 35 et 45° sur la piste. Au vu du zéro pointé du matin, nous décidons de tenter un coup de poker : nous allons utiliser une nouvelle référence de pneu, alors inconnue jusqu’à ce jour : le 1557, en prenant le risque que celui ci soit complètement incompatible avec nos réglages. En tous les cas, selon Pirelli il sera quasiment impossible de rouler vite avec un 611 sur une piste si chaude.

PonPon rejoint sa 15e position sur la grille et tente de se concentrer, bien que légitimement un peu distrait par Lisa, sa jolie umbrella girl du jour. La grille est évacuée, et au moment de partir pour le tour de chauffe, la 17 ne veut plus démarrer ! PonPon appuie sur l’interrupteur du démarreur, mais celui-ci s’obstine à rester muet, il y a un problème électrique ! La meute s’élance sans la 17 et notre pilote est évacué vers la pit-lane par les commissaires où Pépiprof et Pépigros trépignent de rage en l’attendant. Arrivé en Pit-lane, Pépiprof prends rapidement la bonne décision : nous essayons de démarrer à la poussette et cela fonctionne, PonPon rejoint vite la sortie des stands où le feu rouge est allumé : la 17 pourra s’élancer mais seulement une fois le dernier pilote rentré dans le premier virage. PonPon bout littéralement de rage sous son casque, cet ultime coup de poisse n’était vraiment pas le bienvenu !

Il part donc dernier (37e) de longues secondes après le peloton, il lui faudra 1 tour complet pour enfin réussir à ramarrer les derniers. Mais il est survolté et va nous sortir une fois encore une sacrée remontée ! Dès le deuxième tour, il a déjà dépassé 5 pilotes puis deux de plus au tour suivant. A la fin du troisième tour, la 17 pointe à la 30e position et continue son ascension vers le haut de la feuille de classement. Au tour 5, notre balle verte est à la 26e position. Le pauvre Julien Diguet sera alors malheureusement victime de la fougue de notre pilote, sans en avoir l’intention PonPon envoie le malheureux pilote de la Suzuki N°41 à terre lors d’un dépassement impossible. Au tour 8, PonPon se retrouve à la 20e place, il est défait du gros du peloton et commence à rouler sans gêne. Il prends son rythme en petit 1’43 et continue à remonter. La chaleur est écrasante mais le 1557 semble tenir le coup, par contre le T20 avant souffre beaucoup. Il commence à être très kilométré et il fait alors beaucoup trop chaud pour qu’il fonctionne correctement, la belle 17 glisse énormément de devant et le pilote doit se temporiser un peu pour ne pas aller à la faute. Il est remonté d’un groupe composé de Gérard, Schmidt et Pierre qu’il arrive tous à dépasser pour franchir la ligne d’arrivée en 17e position (9e stock) ! Il remontait alors comme une balle sur un groupe en bataille pour la 11e position, et qui roulait moins vite que lui.

PonPon aux prises avec le peloton

PonPon aux prises avec le peloton

A l’arrivée, nous ne savons plus quoi penser… Une fois encore nous avions un rythme suffisant pour le podium stock et un top-10 scratch, mais une fois encore le sort en a voulu autrement et une fois encore nous ne sommes pas à la place que nous méritons. Après analyse, le problème sur la grille provient d’un faux-contact dans le commodo de démarreur… On peut toujours se consoler car nous avons fait une splendide remontée, une fois encore. De la 37e à la 17e place, nous avons repris pas moins de 20 positions !

Malgré tout, l’équipe peut être fière d’elle, nous avons super bien travaillé tout le week-end mais inutile de dire qu’à la longue un tel manque de chance est excessivement frustrant et usant pour les nerfs. Il est infiniment difficile de nous voir si loin au classement vu notre niveau de performances et notre potentiel. La progression par rapport à 2014 est énorme mais nos résultats ne s’en ressentent pas, les déboires mécaniques accumulés nous font irrémédiablement reculer et à chaque fois, il faut prendre de très gros risque en course pour sauver des situations désespérées. Usant pour les organismes, pour les nerfs et pour la motivation.

En tous les cas, nous ne baissons pas les bras ! Nous avons un mois et demi de trêve avant la prochaine course de Superbike à Carole, nous allons travailler d’arrache pied pour remettre en état cette pauvre 17 qui a tant souffert, afin de remettre toutes les chances de notre côté. Le tout pour enfin obtenir les résultats que nous méritons et que vous méritez membres d’équipe, sponsors, partenaires et supporters. Comptez sur nous, la revanche du Team Thomas Superpole sera TERRIBLE !!

Merci à tous. Forza !

 

One thought on “FSBK Magny-Cours : l’humour noir du destin

  1. Bravo pour ce compte rendu de course et ce partage
    Belle ténacité de toute l’équipe pour faire au mieu dans ces conditions difficiles

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